May 2, 2019

Les Lèvres Rouges

TATOUAGE

C’est au Nomade Café que Lorraine alias Les Lèvres Rouges nous reçoit. La décoration végétale et chaleureuse du lieu, la douce musique qui fait fond sonore et l’accueil bienveillant de Lorraine nous font oublier la pluie battante d’un lundi hivernal. Dans ce café hybride et coloré, elle y tatoue des illustrations délicates et poétiques, ponctuées de rouge.

 

Au cours d’un voyage à travers le monde nait l’idée de Nomade, lieu concept où cohabitent joyeusement pâtisseries, plantes, tatouages, photographies et macchiatos. Après plusieurs années de graphisme, Lorraine se lance avec son associé-amoureux. Elle se forme au métier de tatoueur et dessine imagine en parallèle cet espace délicat et convivial qu’ils ouvrent à l’automne 2018.

 

Rencontrer Lorraine, c’est comprendre toute la profondeur d’une discipline parfois malheureusement stigmatisée : quand les corps se transforment en toile, l’œuvre s’apprécie autant à la beauté du trait qu’à l’altruisme de l’artiste derrière l’aiguille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une couleur qui vous fascine.
Le bleu majorelle, je l’ai mis sur l’un des murs du café Nomade. J’ai beau passer devant tous les jours il me subjugue toujours autant. Il est à la fois lumineux et sombre, très intense.

 

Une matière.
Le bois
 
Une odeur.
L’odeur des bois forts : le cèdre, l’ambre… Et celle du bois qui brûle, des feux de cheminée. J’aime beaucoup le bois. Peut-être par superstition ou parce que c’est une matière brute et rassurante.
 
Un plat anti-cafard.
Des pâtes au parmesan, mais avec de l’huile de truffe parce qu’il ne faut pas se laisser aller !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre premier geste le matin.
Pousser le chat qui passe et repasse devant mon visage pour que je me lève.

 

Un son qui vous hante.
En ce moment une musique : Denis Lloyd – Leftovers.
La musique est très importante pour moi : j’illustre puis tatoue toujours en musique. 

Un livre lu et relu.
« Hygiène de l’assassin » d’Amélie Nothomb. Elle a un rapport au corps, à la violence et à le beauté qui me parle beaucoup.

Une adresse où vous croiser.
Au café Nomade !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une époque.
Celle où je portais un palmier sur la tête et des leggings bariolés sans en avoir honte.

 

Un instrument / Un outil
La guitare. Je n’en joue pas mais le son me fascine et je pourrais passer des heures à écouter quelqu’un en jouer, ou juste gratter les cordes au hasard.


Un artiste admiré.
La liste d’artistes qui m’inspirent est longue et assez aléatoire, en vrac : Matisse, Romina Ressia, Basquiat, Bashung, Sopico… 


Qu’auriez vous fait si vous n’étiez pas devenu tatoueuse.. ?
J’aurais adoré être médecin. Le contact humain est essentiel pour moi. Il y a aussi la notion de rigueur et d’outils. Finalement ce sont deux dimensions que je retrouve bien dans mon métier aujourd’hui.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un objet dont vous ne vous séparez pas.
Mon Ipad Pro. Ça fait très start-uper  mais je m’en sers quotidiennement, je dessine dessus et n’utilise pas de papier et de crayon.


Un lieu pour dessiner
Allongée sur mon lit. Je n’arrive à dessiner qu’en position allongée, ça doit être pour faire circuler les fluides, sans doute. Un petit côté flemmarde aussi peut être ?


Un rituel, une manie de travail.
J’écoute toujours de la musique et passe beaucoup de temps sur Instagram pour m’inspirer. Instagram est quasiment devenu le seul média de communication des tatoueurs. Et qui nous a permis de révéler nos personnalités et sensibilités. Avant on allait chez le tatoueur du coin, aujourd’hui on choisit un artiste pour son style et son trait !

Un rituel avant de tatouer
Pas de place au doute : tout est prêt quand mon client arrive, le
 matériel sorti et la musique allumée.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Que trouve t’on dans votre loge / bureau / cuisine ?
Dans le café on trouve beaucoup de fleurs et de plantes. Dans le studio il y a des cadres de toutes sortes, de la crème pour les mains et des carnets que j’accumule sans jamais savoir quoi écrire dedans.

Un truc contre le stress ?
Les petits écoliers au chocolat noir. Pas très sains mais régressifs et tellement efficaces
pour se remonter le moral !

La question qu’il ne faut pas vous poser.
« Ça va ? » Franchement, personne n’écoute jamais la réponse et personne ne répond jamais honnêtement.

 

Une image, un souvenir.
Les trajets en train : seule, j’écoute de la musique, regarde par la fenêtre le paysage qui défile et les villages traversés. J’ai toujours eu envie d’aller dans une gare pour prendre un train au hasard.

Une citation.
« L’élégance, la science, la violence » de Rimbaud. J’aime aussi « Esquivons les ecchymoses des esquimaux aux mots exquis », de Duchamp. Ou bien « La nuit je mens » de Bashung. Je me suis d’ailleurs fait tatouer  deux de ces citations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Une rencontre.
Celles que je fais tous les jours avec mes clients. Je fais aussi ce métier pour la rencontre, j’aime que les gens passent un bon moment. Parfois ils racontent leurs vies, leurs histoires, parfois qui ils reviennent au café et m’offrent des petites plantes, du chocolat.

Un regret.
Les remords c’est toujours mieux que les regrets !

 

Un voyage.
Le tour du monde d’un an que j’ai fait avec mon compagnon, à notre retour j’ai créé mon studio de tatouage et lui le café Nomade !

Une information inutile sur vous.
J’adore prendre ma douche dans le noir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le livre que vous auriez aimé écrire…
Les livres d’Amélie Nothomb. Elle est aussi timbrée que moi… quoique, sans doute plus. Elle une sensibilité qui me touche beaucoup.

 

Un projet secret.
Une collaboration à venir avec une marque de lingerie, à découvrir en septembre.


Une personne à nous recommander pour subir la même interview ?
Mon compagnon, il tient le café où nous sommes ! Ça pourrait être intéressant de voir l’autre côté du décor.