June 10, 2015

JULIE LANSOM

Design

Siroter quelques verres de Martini rouge en fin de journée avec Julie Lansom et en découvrir un peu plus sur elle: Julie n’aime vraiment pas le matin et vit au milieu de dizaines de bobines de fil de toutes les couleurs. Chez Manifestes Paris, on a été charmées par cette fille “qui fabrique des objets et qui prend des photos, parfois”.

 

CARTE POSTALE DE RENCONTRE

Météo : La journée n’était pas belle, elle est étonnamment ensoleillée au moment de l’apéro.

 

Humeur : Fatiguée, un peu déphasée (ma grand-mère et ma mère ont dormi à la maison pendant quelques jours, ma grand-mère ronfle énormément, j’ai un peu de sommeil à rattraper….)

 

Boisson : Martini Rouge

 

Lieu :  Dans mon appart du 2ème, là où je vis et je travaille.

 

Pour en découvrir plus sur Julie : Son site / Son instagram

 

 

 

 

SON HISTOIRE

Mon travail en une phrase

Je fabrique des objets de décoration et je prends des photos (parfois).

C’est généralement ce que je réponds quand on me demande ce que je fais dans la vie. Je ne me considère pas designer, peut-être par ce que je ne me sens pas légitime et puis j’aime vraiment l’aspect manuel qu’il y a dans le mot « fabriquer ». 

Au tout départ, j’avais besoin d’une lampe

L’an dernier,  j’étais alors pigiste pour des magazines culturels et tout a commencé sur un truc très bête : j’avais besoin d’une lampe. Comme tout ce que je fais, c’est parti une envie perso et j’ai décidé de le faire moi même. J’ai été éduquée comme ça, on m’a appris à me servir de ma tête et de mes mains.

 

Quelques années plus tôt, j’avais chiné une lampe qui avait le même principe que les miennes tout en étant très vieillotte. Mon copain de l’époque m’a aidé à re-créer une structure similaire. Je sentais qu’on pouvait en faire un truc cool si on bossait, les couleurs, les formes, les matières…

 

J’ai mis la photo de la fameuse lampe sur Facebook, sur mon site. Autour de moi les gens ont commencé à en vouloir et c’est parti de là… Toute cette histoire de lampes a pris bien plus que je ne l’avais envisagé en fait (même si je l’ai forcément quand même un peu cherché, soyons honnêtes…). 

L’évolution de l’univers Sputnik

L’idée de départ n’est pas très loin, j’ai commencé à travaillé une première forme et puis toutes les autres ont suivies : des à poser, des petites, des plus grosses, des lampes de sols, des suspensions…

 

Aujourd’hui j’ai une gamme de 14 Suptniks. Sur ce principe de structure à fils, je commence à me lancer dans d’autres types d’objets comme des petites tables lumineuses par exemple.

 

Je pense aussi à de nouvelles choses qui m’éloignent un peu de ce principe : des tables basses, des étagères et même d’une ligne de fringues! J’y vois une certaine unité. Chaque projet est de toute façon une partie de moi.

 

Je fais partie de cette génération qui mixe, qui essaye plein de choses et multiplie les activités. Pour l’instant, mon truc c’est les lampes mais on n’est pas à l’abri que mon univers ait totalement muté d’ici deux ans. 

 

Mes outils d’inspiration

Pour m’inspirer, je passe énormément de temps sur Internet : Instagram, blogs divers et variés, Pinterest… C’est essentiel pour mon travail car l’inspiration peut venir de partout : d’un film, d’un ballade, d’un objet…

Pour l’anecdote, il y a quelques mois je cherchais des motifs pour un tapis que je tissais, je me promenais dans Montpellier et je suis tombée sur une plaque d’égout magnifique, c’est devenu mon motif. 

Mes petites manies

Tisser souvent en fin d’après-midi ou tard dans la nuit. Parfois devant des émissions de télé totalement stériles, ou plus souvent en écoutant de la musique et en ne faisant rien d’autre. C’est un peu ma méditation.

 

 

SON TERRITOIRE

Mon nouveau quartier : Montorgueil

Même si je ne supporte pas les quartiers sur-peuplés et hyper-touristiques, je ne sais pas comment je me débrouille mais je me retrouve à toujours habiter dans ces endroits : Strasbourg St Denis, rue de Francs Bourgeois et maintenant dans le Quartier Montorgueuil.

 

Je viens tout juste d’arriver dans ce quartier donc je n’ai pas encore de petites manies ou habitudes. Néanmoins j’évite d’ores et déjà  quotidiennement et soigneusement la rue Montorgueuil, surtout à vélo, tu passes ton temps à crier « Attention ! » ou utiliser ta sonnette tellement c’est surpeuplé. C’est très mauvais pour les nerfs.

 

Ici j’ai l’impression que c’est vraiment un Paris que l’on te vend sur AirBNB, hyper safe, hyper central avec de jolies rues pavées, il y a manger partout et des boutiques à profusion. 

Quelques adresses où vous pourriez me croiser

+ Le Bar St Gervais dans le Marais (96 rue vieille du temple, 75003 Paris), un des derniers vrais bars de ce quartier.

 

+ Le Marché St Pierre, pour ses tissus (2 rue Charles Nodier, 75018 Paris). Il faut trier mais on y trouve de petites merveilles.

 

+ Nanashi (57 rue Charlot, 75003 Paris), quasiment tous les gens qui y bossent sont des potes, c’est un peu comme à la maison.

 

+ Yalamai, un petit thai très chouette (16 Rue Dupetit-Thouars, 75003 Paris)

 

Mon appart-atelier

Ce lieu est à la fois l’endroit où je vis et celui où je travaille, c’est un grand studio rempli de trucs, d’objets et de couleurs aussi…

 

J’aime la belle lumière tout au long de la journée et le parquet ancien qu’il y a dans cet appart. D’ailleurs, cela fait des semaines que je me demande si c’est un parquet chevrons ou point de Hongrie ?

 

On peut dire que cet appartement n’a rien de particulier mais j’en ai fait un espace qui est vraiment moi. Quand il y a 1000 trucs dans ta tête, ça se ressent aussi dans ta façon d’arranger et de remplir un espace. D’ailleurs je suis toujours très curieuse de découvrir les appartements des gens que je rencontre, je trouve toujours ça très révélateur de ce que sont les gens au fond. Tu grilles tellement de trucs! On devrait donner le truc aux psychanalystes.

 

J’ai ici une collection de jolies choses à laquelle je tiens vraiment: des vynils, des BD, des tableaux, des dessins, des petits meubles… la plupart du temps ce sont des cadeaux de mes amis, petits-amis, ou de mon père qui est Marchand d’Art.

 

Une journée avec Julie

Même lorsque j’étais pigiste (dans une des mes anciennes vie), j’ai toujours bossé de chez moi, ça m’a permis de voir la vie autrement, sans horaires de bureau. Même si je suis une grosse bosseuse, j’ai toujours été pour « écouter mon corps » et pour gérer mes horaires différemment de la plupart des gens.

 

J’ai décidé il y a bien longtemps que le matin n’existait pas pour moi et je n’aime pas du tout le lever. On peut dire que je suis une lève-tard et une couche-tard. Je vis de 11h à 2h30, c’est le rythme qui me va bien.

 

Je déjeune souvent avec des potes (la plupart de mes amis sont en freelance) et après je me mets à travailler tout au long de l’après midi.  Quand j’ai le temps, en début de soirée je vais boire un verre avec mes autres amis (ceux qui ne sont pas en freelance). Ensuite, c’est très variable : ciné, dîner avec mes potes, boulot… Les fins de journées se ressemblent rarement.

 

Ma bande de potes rythme ma journée, on se connaît depuis toujours. On passait déjà notre vie ensemble dans le Sud et c’est important pour moi de les avoir dans ma journée.

 

J’ai longtemps été angoissée à l’idée de passer du temps toute seule et je me rends compte que j’aime de plus en plus ça. Du coup, mon temps OFF est de plus en plus solitaire, je prends mon vélo et je pars, je me promène, même la nuit. J’adore traverser les quais de Seine à vélo le soir, ça te rappelle à chaque fois pourquoi Paris est si beau.

 

 

SES INSPIRATIONS 

Une citation : « J’étais trop soucieux d’écouter pour entendre »,  Jean Paul Sartre.

 

Une couleur : Le Moutarde, petite obsession d’une vie.

 

Une matière : Le coton.

 

Une ville : Londres.

 

Un artiste : Leonard Cohen.

 

Un son : « I need Love » de Dona Summer, le summum du sexy !

 

Un sentiment : L’empathie.

 

Une saison : Le printemps.

 

Une période : Le bordel culturel et stylistique des années 80.

 

Un objet : Une brosse à dent, deuxième petite obsession.

 

Un ingrédient : La pomme de terre, très grosse passion pour la patate.

 

 

Interview : Julie Delle Vedove

 

Photos : Marie Gagneur