June 10, 2015

JÉRÉMIE RENOIR

Musique

Manifestes Paris s’est arrêté quelques heures avec Jérémie Renoir en terrasse d’un café niché dans un ancienne mini-maison close du centre de Paris. Une rencontre cabinet de curiosités où l’on découvre un univers farcie de références historiques et stylistiques mais aussi une personnalité hyper attachante.

 

CARTE POSTALE DE RENCONTRE

Météo : Au top. L’été est de retour.

 

Humeur : Au top, aussi.

 

Boisson : Jus de Tomate.

 

Lieu : La Jaja, Quartier Etienne Marcel.

 

Pour en découvrir plus sur Jérémie : Son Soundcloud / Son Instagram / Son Facebook

 

 

 

 

SON PARCOURS

Mon travail en 1 phrase

Très pragmatiquement je suis auteur, compositeur, arrangeur & interprète mais, au fond, le but de tout cela reste de partager des émotions profondes et sincères avec ma musique. 

Le déclic

J’ai longtemps fait partie d’un groupe qui avait une couleur musicale tout à fait différente de ce que je fais aujourd’hui. C’était quelque chose d’extrêmement riche, aux multiples influences, mais résolument plus rock, plus agressif.

 

Un jour, j’ai eu un déclic,  j’ai quitté ce groupe sur une discussion animée. Je les ai laissés là pour partir construire quelque chose en parfaite opposition. Après toutes ces années (j’ai commencé à faire de la musique à 6 ans), j’ai enfin senti ce jour là que j’étais prêt à monter un projet solo, prêt à imaginer une musique qui ne se contenterait pas de divertir les gens mais de les toucher, de les accompagner, de prendre soin d’eux en quelque sorte. Ma musique in fine. Jérémie Renoir est né comme ça.

 

 

LE STYLE

En terme de style, j’ai longtemps été dans l’expérimentation. Aujourd’hui, ma musique a dépassé ça et j’ai envie d’être plus pop, plus fédérateur, plus universel,  j’ai envie que ma Grand Mère écoute ce que je fais! J’ai l’impression de peut-être m’être enfin un peu trouvé.

 

The Rock comme une révélation.

Je suis pianiste de formation mais je n’avais pas encore trouvé la formule qui fait se rencontrer les deux univers que peuvent représenter mes compositions au piano et mes productions electro. (révélation n°1). A ce moment là, j’étais alors peu habitué aux morceaux instru-chant. En bossant la maquette j’ai posé ma voix en me disant que, de toutes manières, il faudrait trouver plus tard une voix pour interpréter The Rock. C’est alors que j’ai fait écouter le morceau autour de moi et que, de façon assez unanime, les gens m’ont fait comprendre que cela devait être moi qui interpréterai ce titre et tous les autres à venir (révélation n°2).

 

 

Des vieux Instruments, des Gadgets et des Expériences

Je suis très fidèle à mon matériel. J’aime les bidules bizarres et les instruments anciens. J’utilise toujours le synthé que j’avais acheté à 16 ans en vendant ma mobylette, il a un son qui fait hyper SF des années 50, ça sonne un peu comme une Thérémin (mon prochain achat !).

 

J’adore les expériences et j’aime mixer toutes ces trouvailles, les vieux instruments qui ont une certaine noblesse et des sons plus eighties, plus low-tech. Hier par exemple j’ai à la fois bossé avec un synthé (qui fonctionne encore avec des disquettes) et une Viole de Gambe, le plus vieil instrument à cordes existant. Ce mélange, ces ponts sont au cœur de mon univers.

 

 

Nomade

La routine me rend fou et j’ai absolument besoin d’évasion pour inventer des choses nouvelles. Mes plus beaux morceaux sont nés des jours où j’étais totalement sorti de mon univers quotidien. Je suis un créateur nomade. Le fantasme d’un piano sur la plage comme dans La Leçon de Piano est plutôt bien ancré !

 

 

SON TERRITOIRE

Paris en entier

Même si je suis né à Paris,  je pense que je serai toujours comme un touriste ici. Rive Gauche, Rive Droite, j’ai du mal à choisir car j’aime le mouvement et la pluralité de Paris, c’est à la fois tout petit et l’assemblage de tellement de petits villages… Je suis en perpétuelle découverte ici.

Quelques adresses ou vous pouvez croiser Jérémie

+ Les Jardins de Bagatelle (Neuilly). Etrangement, je viens juste de découvrir cet endroit, je sens que je vais avoir besoin d’y aller souvent.

 

+ Tous les lieux où il y a de l’eau : les Quais de Seine, les Canaux Parisien... J’ai grandi au bord d’une rivière ca doit être pour ça.

 

+ La Jaja (56 rue d’Argout dans le 2ème), un lieu vivant et spontané où je peux retrouver mes amis. Ici les gens se mélangent. J’y suis très souvent !

 

+ Le Walrus (34 rue de Dunkerque dans le 10ème), un bar-disquaire plutôt sympa. Tu bois des coups et tu achètes des vynils.

 

+ Le Bistrot Beaubourg (25 rue de Quincampoix dans le 4ème) ou le Beef Club (58 rue Jean Jacques Rousseau dans le 1er). J’aime manger et simple ou plus sophistiqué, Paris regorge d’adresses !

 

 

Deux lieux en particulier :

Bagatelle (Neuilly) et la Jaja (rue d’Argout dans le 1er)

Pour l’anecdote, sous la Régence, les Jardins de Bagatelle était un haut-lieu du libertinage Parisien. C’est un Maréchal qui a fait bâtir ce lieu pour sa femme. Une plaque à l’entrée du parc commémore ce présent délicat avec la mention suivante « à la Non-Farouche Duchesse.. ». Le « non farouche » me fait toujours bien marrer.

 

La Jaja (qui a en commun avec les Jardins d’être également un ancien lieu olé olé, mais je ne fais pas une fixation sur ça! C’est réellement un hasard, enfin je crois!) est un endroit qui m’a beaucoup donné depuis la naissance du projet Jérémie Renoir. Quand j’ai quitté mon groupe, je passais ma vie ici et j’y ai rencontré de nombreuses personnes qui comptent aujourd’hui (pour le boulot, des amitiés..). Il se passe un truc unique ici, le lieu est trop petit pour recevoir tous les gens qui y viennent. Du coup, le soir venu, le tout déborde sur la rue pavée. Tout le monde boit, tout le monde échange. C’est très bon enfant, très facile. On rencontre beaucoup de gens ici.

 

Ce lieu est un petit bijou 18ème. On a cette chance à Paris, faire la fête dans des lieux rares.

 

 

Le moment clef de ma journée

Ces moments juste avant et après le sommeil, la nuit, ceux entre chien et loup. C’est dans ces moments que je compose et écrit le mieux. Je me souviens souvent de mes rêves qui participent pleinement à ce processus d’écriture. Ainsi, chaque matin, mon premier geste va être de ré-écouter les compositions de la veille avec un café. 

Ses inspirations

Une citation « Love is pain and pain is ART » Madonna (grande philosophe de notre époque).

 

Une couleur : Bleu canard.

 

Une matière : Minérale. La Magnétite.

 

Une ville, deux villes : Paris (car j’y ai ma vie) & Amsterdam (car j’aurais pu y vivre).

 

Des personnalités : Lo-Fang, Sufjan Stevens, Son Lux, Serge Gainsbourg, David Bowie, Marcel Bascoulard… Ces personnalités et leurs projets singuliers (parfois extrêmes) font partie de certaines des grandes inspirations du projet Jérémie Renoir.

 

Un son : The Do, Miracles (Back In Times). Ce titre m’a rendu fou, il est devenu une cover.

 

Un sentiment : L’Amour

 

Une saison : Toutes les saisons.

 

Un moment : La nuit.

 

Un événement historique : La Saint Barthelemy. C’est quand même fou ce qu’on raconte à des gamins de CE1.

 

Une époque : Le début des années 70 en Angleterre. Une liberté nouvelle, The Pink Floyd, The Beatles.. On faisait de la pop hallucinante à cette époque. J’aurais aimé vivre cela de l’intérieur.

 

Un objet : Un vynil.

 

Une épice : Le Gingembre.

 

Une personne à nous recommander ? Romain Legresy, un Directeur Artistique de talent.

 

 

Interview : Julie Delle Vedove

 

Photos : Manuela Cathala