February 15, 2019

Benjamin Helle

Design

Nous rencontrons Benjamin dans un troquet Parisien aux murs en brique (qui ne manquent pas de rappeler son Nord natal) autour d’une bière et juste avant qu’il ne saute dans le train qui le ramène à Lille. A peine installé et à renfort de grands gestes et d’enthousiasme, Benjamin commence à raconter. Car oui, Benjamin aime raconter ; ses balades urbaines à travers Delepaule un sac aussi modulable que peuvent l’être ses flâneries sur le dos, l’Histoire de sa région ou bien celle d’Aequo, la maison d’édition qu’il a co-fondé  il y a un an.

 

Benjamin nous raconte son enfance entourée de pellicules et de réflecteurs dans le studio de ses parents photographes. Il nous dit comment il s’est passionné de design en intégrant l’Institut Supérieur de Design puis le studio du designer bruxellois Alain Gilles. Il y a développé de nombreux projets collectifs ou solitaires mais toujours à son image : bruts, élégants et empreints de poésie.

 

http://aequo-edition.com/

 

 

Une couleur qui vous fascine.

Le blanc qui est un point de départ, un choix : celui de le laisser vierge ou de le transformer.

 

Une matière.
La brique, celle du Nord, de mon enfance. C’est un matériel brut, vivant, empreint d’Histoire, et que j’aime beaucoup travailler.

 

Une odeur.

Le métal lorsqu’il est poncé et l’odeur qu’il laisse sur les mains après l’avoir travaillé.

 

 

Un plat anti-cafard.
Du pain et du fromage.

 

Votre premier geste le matin.
Une douche.

 

Un son qui vous hante.

Je suis misophone donc tous les petits bruits répétitifs et surtout humains.

 

 

Un livre lu et relu.

37°2 le matin de Philippe Djian

 

Une adresse où vous croiser.
Dans une gare, Gare du Nord à Paris ou une gare à Lille où je vis, à Bruxelles où je travaille. J’aime beaucoup les gares, c’est l’un des rares endroits où se croisent toutes les tranches de population.

 

Une époque.

Le passé est surement fantasmé, le présent pas très rassurant. Demain, parce que c’est une époque à construire, pleine d’opportunités et possibilités.

 

 

 

Un instrument / Un outil
Un Hasselbald 503CW, l’appareil argentique que mon père, photographe, m’a donné. Il m’a transmis sa technique. C’est celui que j’utilise pour mon projet Interlud’.

 

Un artiste admiré.
Les deux BDistes Nicolas de Crecy et Sylvain Chaumet.

 

Qu’auriez vous fait si vous n’étiez pas devenu designer ?

Jardinier, pour être en contact avec la terre, la matière.

 

 

 

 

Un objet dont vous ne vous séparez pas.

Un livre, pour lire dans les trains. En ce moment c’est Echine de Philippe Djian

 

Un lieu pour créer…

La rue, j’aime cogiter en marchant, et découvrir les rues, observer les passants m’inspire.

 

Un rituel, une manie de travail.

Une position bizarre : l’avant bras posé sur ma tête, la main qui pendouille.

 

Un rituel, une manie d’exposition…

Boire une bière entre le montage et l’ouverture de l’exposition.

 

 

Que trouve t’on dans votre atelier ?

Un petit grigri : une figurine du Professeur Tournesol, un de mes premiers jouets. J’ai appris après que c’était le Pr Piccard qui avait inspiré à Hergé la création de Tournesol, c’est un petit symbole de création.

Un truc contre le stress ?

Un automatisme symbolique : passer ma main sur mon visage, comme pour mettre un masque.  

 

Un moment de la journée.

Une heure du matin, pour le choix que cette heure offre : se coucher, travailler, boire un dernier verre, poursuivre la soirée. C’est la seule heure sans obligation, sans rythme imposé.

 

La question qu’il ne faut pas vous poser.

Toutes les questions creuses, celles qui n’ont pour but que de faire la conversation.

 

 

Une image, un souvenir.

Une photo que j’ai prise en Inde. On y voit deux jeunes enfants, au milieu de la nuit, sur une autoroute, qui claquent des pétards.

 

Une citation.

“ La technique c’est sympathique, mais tout seul ça pue de la gueule” Karime Debbache.

 

Une rencontre.

Mes parents.  

 

Un regret.

Aucun.

 

 

Un voyage.

Mes voyages à vélo, le dernier en date étant le Paris-Roubaix.

 

Une information inutile sur vous.

Je mange beaucoup, mais je ne cuisine jamais

 

Le film dont vous auriez aimé tourné…

Bernie d’Albert Dupontel

 

 

Si vous ne deviez garder qu’un seul de vos films / livres / œuvres / recettes / ….

La lampe “Sortie de Fosse”, c’est le plus abouti, le plus long à accoucher aussi. Il raconte ma région et c’est une pièce forte de la maison d’édition Aequo créée avec deux de mes collègues et amis.

 

Un projet secret.

Une BD que j’écris en ce moment avec un cousin illustrateur.

 

Une personne à nous recommander pour subir la même interview ?

Tim Defleur, ami et collègue designer. Il est très drôle vous allez voir !