July 2, 2015

ATHENA POILÂNE

ART

Rencontrer Athena Poilâne dans son appartement parisien cosy, c’est comme partir en balade au bord de la plage ou ramasser des cailloux et des jolies feuilles de toutes les couleurs un après-midi d’automne. Manifestes Paris est arrivé chez Athena par une matinée d’un jour un peu gris et on a bu un café qui nous a un peu réchauffé (mais pas autant que notre longue conversation !)

 

Carte Postale de rencontre

Météo : Gris triste

 

Humeur : Heureuse !

 

Boisson : Café

 

Lieu : Chez moi, dans mon salon, Paris 11eme.

 

Pour en découvrir plus sur Athena : Son site / Son instagram.

 

 

 

 

SON PARCOURS

Mon travail en une phrase

J’assemble différents éléments que je récolte, certains naturels d’autres pas, pour créer des objets, des sculptures ou des bijoux. 

L’évolution de mon travail et de mon style

Au tout départ, il n’y avait pas de direction nette, je savais simplement que je voulais m’orienter vers quelque chose d’artistique et de manuel. Quand j’étais petite je fabriquais des objets avec les choses que je trouvais dans la nature. Je me rappelle d’outils que j’avais conçus à partir de coquillages récoltés sur la plage.

 

Au cours de mes études à la Parsons, j’ai appris à travailler les matières et les textures. J’ai alors pris conscience que je voulais pousser la sculpture, elle me permettrait de travailler avec mes mains. C’est par la suite que j’ai décidé de travailler sur des objets plus « décoratifs ». Ils nécessitent moins d’explications et autorisent la spontanéité. Parfois, tu n’as pas envie de tout expliquer et tu veux simplement partager quelque chose. Ces objets, plus « décoratifs », comme les bijoux ou les mobiles par exemple, sont là pour ça.

 

Travailler à deux niveaux m’a vraiment permis de trouver un équilibre et de faire évoluer mon univers. Je peux maintenant travailler sur une sculpture, rompre le côté répétitif et passer à autre chose en travaillant sur un autre projet.

 

Mon travail mute tout seul même si il reste très influencé par le lieu dans lequel je suis. A New-York, j’avais un atelier qui me permettait de développer de grands formats alors qu’à Paris, je suis plus restreinte et contrainte alors je me concentre sur de plus petites pièces.

 

 

Des récoltes

Je travaille avec des éléments que je trouve par hasard dans la nature. Je collectionne et je récolte de nouvelles choses aussi bien au cours de promenades dans un square à Paris, que lors de weeks-end à la campagne ou de mes voyages plus lointains.

Mon rythme quotidien

Je crois que je viens de trouver un rythme que j’aime, je le cherchais depuis longtemps. J’arrive tôt à l’atelier et j’en repars aussi plutôt tôt, vers 15h. Ces horaires me permettent de me concentrer à fond et me laissent aussi le temps de m’aérer l’esprit ou de trouver de nouveaux matériaux durant l’après-midi. Travailler tard et forcer la pièce sur laquelle je bosse ne me réussit pas vraiment, je préfère aérer mes journées et me laisser du temps.

 

SON TERRITOIRE 

Mon appartement et mon atelier idéal

Je change souvent la déco de mon appart, je le compose et le re-compose tout le temps, au fil de mes trouvailles.

Même si l’atmosphère générale a un petit effet « collection », je m’efforce de ne garder que les choses que j’aime vraiment. Je fais du tri dès que je le peux pour ne conserver que l’essentiel.  Il y a quand même un rescapé de tous ces tris, tous ces déménagements, un éventail de mer que j’ai dans ma chambre. Je l’ai trouvé sur une plage aux Bahamas il y a quelques années. J’y tiens beaucoup.

En ce moment, je suis en recherche d’un atelier, j’aimerai trouver un espace dans lequel je pourrais mettre créer un bordel organisé avec toutes mes petites choses inspirantes accrochées au mur de façon très informelle.

Là où je travaille, j’accumule beaucoup. Sur mon bureau, par terre, sur les côtés… Parfois je finis par bosser sur 20cm2 de bureau ! Alors ça m’énerve et je range tout d’un coup !

 

 

Mon quartier, l’Avenue Parmentier dans le XIème

J’aime mon quartier pour ces habitants et commerçants qui sont si gentils et souriants, le traiteur italien qui te fait toujours goûter une spécialité, le loueur de vidéo qui prend le temps de te recommander de bons films…

Quelques adresses entre Brooklyn et le 11ème

+ Le Bar Magellan, son barman est adorable et aussi son jeu de fléchettes à dispo. (12 rue Goncourt, 75011 Paris)

 

+ Mociun à Brooklyn, une jolie boutique avec de beaux objets. (224 Wythe Ave, Brooklyn, NY 11249)

 

Une Journée avec Athena

Pas une journée ne ressemble à une autre, même si j’essaies de m’imposer un rythme. Je sors de chez moi et je prends mon scooter, pendant le trajet je réfléchis à ce que je dois faire dans la journée. J’aime particulièrement le trajet du retour dans l’après-midi, je prends le temps de regarder Paris… Mes soirées sont souvent rythmées par mes potes et je finis toujours ma journée avec des images, dans mon lit avec la télé, programmée pour s’éteindre 20 minutes après.

 

 

Ses inspirations

Une citation : « the phone in the limo was busted what is you ignorant ?! » Un passage du film « un Fauteuil pour deux »

 

Des couleurs : Toutes les couleurs un peu irisées, elles accrochent bien la lumière.

 

Une matière: Le sable fin.

 

Une ville : Paris.

 

Une région : La Bretagne.

 

Une personnalité : Lee Bontecou, une artiste américaine.

 

Un son : Les Cornichons de Nino Ferrer.

 

Un sentiment : L’humour.

 

Une saison : La fin du printemps au tout début de l’été quand il commence vraiment à faire bon.

 

Un moment : Les débuts de soirée quand il fait beau et que le soleil baisse avec une belle lumière. Ce moment où tu vas rejoindre tes amis…

 

Une époque : Aujourd’hui.

 

Un objet : Un éventail de mer trouvé sur la plage.

 

Un plat : Les rillettes de maquereau avec du beurre salé… sur du pain Poilâne grillé.

 

Une personne à nous recommander ? Martin Marquet.

 

 

 

Interview : Julie Delle Vedove

 

Photos : Manuela Cathala