November 30, 2018

Alexandre Fougea

Designer & ingénieur

Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de travailler avec tellement de plaisir que ce n’est même plus du travail? Chez Manifestes, ça nous est arrivé il y a un mois, lorsque nous avons rencontré Alexandre Fougea, à Arkose Nation pour partager une heure inspirante et un bouddha bowl.

Diplômé de l’École nationale supérieure d’Arts et Métiers, ingénieur brillant, artisan à ses heures perdues (qui se sont jamais perdues d’ailleurs), amoureux de la nature, artiste et professeur à l’EnsAD, Alexandre est un designer passionné, fondateur d’Akonite.

Fondée en 2004, cette marque de glisse française est déjà une référence. Elle est aussi à l’origine de très belles collaborations avec pas moins que Xavier Veilhan, Vuitton ou encore le Bon Marché.

Au carrefour du design, du sport, de la nature et saupoudrée d’une grande sensibilité, cette rencontre nous a captivé.

 

www.akonite.com

 

 

 

 

 

Une couleur qui vous fascine. 

Orange, c’est la couleur d’Akonite.
Il fallait une couleur qui tranche avec les couleurs de la nature, l’eau, la neige et l’air. C’est une couleur joyeuse, dynamique et fédératrice.

 

 

 

Une matière.

C’est difficile d’en choisir une car à la base, je suis spécialisé en matériaux composites.
Le bois est un composite naturel qui a beaucoup de performances, donc le bois.

 

 

 

 

 

Une odeur.

Le printemps en montagne.

 

Un plat anti-cafard.

Des tomates tout simplement avec une bonne huile d’olive et du gros sel.

 

Votre premier geste le matin.

Boire de l’eau.

 

 

 

Un son qui vous hante.

La musique commerciale, la soupe, mieux vaut ne rien écouter que d’être pollué par ça.

 

Un livre lu et relu.

Biomimétisme de Janine Benyus.

 

 

 

Une adresse où vous croiser.

En forêt de Fontainebleau, près du rocher de Milly, j’y suis tous les weekends.

 

Une époque.

La notre. Pour faire en sorte que les choses se passent bien pour la suite. Il ne faut pas être dans le regret.

 

 

 

 

 

Un outil.

Difficile de choisir. J’ai beaucoup beaucoup d’outils, même des outils numériques. C’est mon plus gros budget sur Akonite. De très vieux outils aussi, qui viennent de mon enfance. Ne serais-ce que des ciseaux à bois, j’en ai 30! J’ai des outils improbables, une fraiseuse numérique, un scanneur 3D, des machines électro-portatives, pneumatiques, un palpeur numérique, de quoi remonter une cabine de peinture.
J’aimerai organiser des workshops outils avec mes clients pour qu’ils puissent participer au maquettage des projets.

 

Un artiste admiré.

Léonard de Vinci. Symbole d’une époque sans frontière entre artistes et techniciens.

 

 

 

Qu’auriez vous fait si vous n’étiez pas devenu designer ?

J’aurais voulu être artisan mais j’aurais sans doute été ingénieur, car c’est mon métier à la base. Je serais surement dans un bureau d’étude, en train de diriger un atelier, de gérer une usine ou de faire de la prod.

 

Un objet dont vous ne vous séparez pas.

De façon pratique, je dirai mes clés. Je ne suis ni matérialiste, ni fétichiste des objets.

 

 

 

Un lieu pour travailler.

Absolument partout. Je travaille dans un domaine où l’on peut travailler de partout. Quand tu es statique dans ton boulot, tu n’arrives pas à avancer.

 

Un rituel, une manie de travail.

Je range avant de travailler, comme la cuisine, il faut un plan de travail propre pour travailler.

 

 

  

Que trouve t’on dans votre atelier ?

Des outils! Et de très nombreux échantillons de matériaux.
Avec notre job, on est vraiment dans la matérialité. On a besoin de toucher, de voir, de concrétiser.
Certaines personnes nous consultent uniquement pour notre expertise et notre bibliothèque de matériaux. On pourrait ouvrir une banque d’échantillons.
Je m’en sers pour donner des « cours de concret » à mes élèves aux Arts Déco. J’en ai tellement que j’apporte chaque fois une nouvelle mallette remplie d’échantillons.

 

Un truc contre le stress.

Faire du sport.

 

 

 

Un moment de la journée.

Le matin. Tu as la journée devant toi c’est le top. A midi, la journée est finie.

 

La question qu’il ne faut pas vous poser.

« Ce sera prêt quand ? »

 

Une image, un souvenir.

Mes souvenirs en famille, les moments avec eux.

 

 

 

Une citation.

« Less is more. » Plein de designers l’ont dit, peu l’ont fait.
La meilleure façon de créer c’est d’enlever des choses.
« La nature est juste et économe », c’est Nikolas Serdar, sérigraphe d’art qui m’a dit ça.

 

Une rencontre.

Ma femme.

 

Un regret.

Il ne faut pas regretter. Ce n’est pas bon.

 

 

 

Un voyage.

Je ne voyage pas pour voyager. Je voyage toujours par opportunité, lorsqu’une bonne raison se présente. Ça devient alors un but précis, une façon d’amener ma contribution à quelque chose. J’essaye de rentrer en contact de façon censée avec les gens et les lieux. Je ne fais pas de tourisme.

 

Une information inutile sur vous.

Je ne saurai que dire. Parler de soi n’est pas très intéressant.

 

L’oeuvre que vous auriez aimé crée.

J’admire Pasteur moi, les gens qui sauvent le monde (ça c’est une oeuvre!). Nous on fait des choses assez futiles finalement. Je ne fais pas de distinction entre l’oeuvre d’un artiste et celle d’un scientifique.

 

 

 

Si vous ne deviez garder qu’une seule de vos créations.

La luge, Gentiane. Elle recoupe pas mal de savoirs faire et je ne m’étais donné aucune contrainte. Je me suis fait confiance. Je me suis fait plaisir. Cet objet pour moi, il symbolise l’enfance, les premiers souvenirs de glisse, les moments positifs en montagne.

 

 

 

 

Un projet secret.

Créer une école, qui marie art et technique.
Créer un lieu hybride, de formation, de conception mais également lieu de maquettage, de production et de stockage aussi pour les objets, les matériaux.

 

 

 

Une personne à nous recommander pour subir la même interview.

Lucas de Staël, créateur de lunettes. Il est à Paris. C’est LE designer, très technique et très inspiré. Il est allé au bout de on projet, il a eu plein de prix, il a su faire grandir sa boite et il fait ses photos lui-même! Je l’admire beaucoup. En plus, il est très sympa.