September 21, 2016

MATHIAS KISS

ART

Rencontrer Mathias Kiss, c’est « faire salon » et s’engager dans un échange singulier et enthousiasmant. En allant au delà de l’image des œuvres qui hantent nos mood boards, on le laisse nous raconter son histoire. Mathias est «un retraité qui s’occupe», jamais de vacances, ses évasions sont autres. Peintre-vitrier de formation, Compagnon de famille, c’est presque toujours en réaction à son passé qu’il transcende l’académique pour ré-inventer les codes, installation après installation.

Un peu plus sur Mathias : http://www.mathiaskiss.com

 

 

Miroir Froissé #2 / Mathias Kiss / 2008 Sculpture en miroir, éditée à la galerie ArmelSoyer Paris Crédit photo / Alexandre Guirkinger

 

Golden Snake #5 / Mathias Kiss / 2013 Exposition Talents à la carte Maison & Objet, dimensions variables Crédit photo / David Zagdoun

 

Half / Mathias Kiss / 2014 Carte blanche offerte par le PAD Paris Crédit photo / David Zagdoun

 

Golden Snake #1 / Mathias Kiss / 2015 Exposition Ornementation Brutaliste à la galerie NextLevel Crédit photo / NextLevel

 

Endless / Mathias Kiss / 2015 Exposition Ornementation Brutaliste à la galerie NextLevel Crédit photo / NextLevel

Une couleur qui te fascine : Le blanc.

 

Une matière : Le miroir.

 

Une odeur : L’odeur de la peinture. Pour l’anecdote, lorsque ma fille était enfant et passait devant des chantiers, elle disait : «Tiens, ça sent de l’odeur de mon papa.»

 

Un plat anti-cafard : De l’alcool, le plus possible, surtout du vin blanc.
Quand j’étais plus jeune, je faisais de la boxe thaï en compétition, je n’ai pas bu une seule goutte avant mes 30 ans. Je me rattrape.

 

Ton premier geste le matin : Une douche.

 

Un son qui te hante : La télé en fond sonore. C’est le seul truc qui me fait débrancher. La télé est un des derniers espaces de passivité qui nous est accordé.

 

Un livre lu et relu : Tous les Houellebecq… avec 10 ans de retard.
Lorsque je l’ai découvert, Michel Houellebecq a changé un truc en moi. Pendant longtemps je n’ai pas lu, cela m’aurait décomplexé de connaître ses bouquins plus tôt.

 

Une adresse où te croiser : 24h sur 24h, rue de Turenne à Paris.

 

Une époque : Les années 80. Je deviens un vieux con mais c’était mieux avant.

 

Un outil : Une brosse.

 

Un artiste admiré : Felice Varini.
C’est le premier artiste dans lequel je me suis projeté. Lui aussi est peintre en bâtiment. Ces pièces ne sont pas exposées en galerie et son travail est véritablement accessible à tout un chacun.

 

Qu’aurais-tu fait si tu n’étais pas devenu artiste ? J’aurais été triste. Je n’ai pas choisi mon métier, c’est mon métier qui m’a choisi, c’est lui qui m’a élevé.
On m’a viré du collège en 4ème car j’étais trop nul pour suivre le cursus normal. On m’a alors envoyé dans une formation de peinture en bâtiment. Au lieu de me condamner, cette réorientation m’a ressuscité.
Après dix ans à apprendre mon métier de façon académique, mon travail sur le miroir a été mon premier acte de liberté. J’ai voulu couper la tête de pairs et de mes pères, même si, je leur dois beaucoup.

 

Un objet dont tu ne te sépares pas : Mon agenda (papier).

 

Un lieu pour travailler : Dans ma grotte, mon atelier à l’abri du monde extérieur.

 

Un rituel, une manie de travail : Je me lève tard. C’est peut-être une espèce de revanche en réaction à tous ces RER à 5h du matin que j’ai dû prendre pour aller sur des chantiers alors que j’étais compagnon.

Se lever quand tu veux, c’est être libre. Tu gamberges et commates en pensant à ta journée à venir.

 

Un rituel d’exposition : Je décide toujours 3 jours avant de ce que je fais pour une expo. Je dessine comme un animal peut-être que parce que je n’aime pas les dessins trop précis, ils peuvent nous rendre prisonniers de nos idées.

 

A quoi ressemble ton bureau ? Mon bureau ressemble beaucoup à mon appartement. Deux mots pour le qualifier ? « Sexy » et « Vieille dame ». Tu ne sais pas si c’est super ringard ou super branché. J’aime que rien ne soit référencé. C’est aussi un lieu isolé de l’extérieur et déparasité du monde, comme une bulle.
(Nous avons interviewé Mathias dans son bureau mais avons shooté dans son atelier.)

 

Ton luxe : Me lever tous les jours à l’heure que je veux, boire des apéros et partir en vacances chez moi.

 

Un moment de la journée : L’heure de l’apéro.

 

La question qu’il ne faut pas te poser : Aucune, vous pouvez y aller.

 

Une citation : « Moins de blabas plus de résultats. » ou « Les grands discours font de petites journées. ». Des phrases que je répète tous les jours à mon équipe.

 

Une rencontre : Olivier mon associé, avant que je ne le forme, il faisait de la philo. C’est mon opposé, il sait faire tout ce que je ne sais pas faire et inversement.

 

Un regret : Aucun. Ah si, je ne parle pas anglais.

 

Une information inutile sur toi : La façon dont je m’habille. Je veux qu’on parle de mon travail plutôt que de mon look. Je fais tout pour qu’on ne me pose pas la question. J’essaye donc d’être le plus neutre possible.

 

La musique que tu aurais aimé composer : Du Sébastien Tellier, c’est sexy et vielle dame, comme moi.

 

Le film que tu aurais aimé tourner : Tous les Colombos.

 

L’œuvre que tu aurais aimé créer : « Fils de Pute » d’Eric Pougeot. Lui aussi tord le cou à l’académisme.

 

Un projet secret : Aucun. Ah si, parler anglais.

 

Une personne à nous recommander pour subir la même interview : Emmanuel Bossuet.

 

KissRoom / Mathias Kiss / 2013 Chambre expérience de 1000 nuits Crédit photo / David Zagdoun

 

Golden Snake #1 / Mathias Kiss / 2015 Exposition Ornementation Brutaliste à la galerie NextLevel Crédit photo / NextLevel

 

 

 

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