October 15, 2015

Charlotte Caron

Art

Sur le point de s’envoler pour le Canada, Charlotte Caron a ouvert les portes de son univers fantasmagorique à Manifestes. Autour d’un thé à la griotte, nous avons longuement discuté des ses dernières créations imprégnées de mythologie mais aussi devisé sur Gérard son flamand rose et de sa vision toute personnelle du “beach club”. Une rencontre humaine et inspirante avec une personnalité et une oeuvre singulière.

 

Carte postale de rencontre

Météo du jour ? Nuageux (nous dit-elle alors que son appartement est baigné d’un soleil dont les rayons font abdiquer nos yeux …)

 

Humeur du jour ? De bonne humeur.

 

Que boit-on ? Du thé Cerise Griotte qui se marie très bien l’ambiance de son appartement.

 

Où sommes-nous ? Dans l’appart-atelier de Charlotte où elle vit en colloc avec une amie rencontrée aux Beaux-Arts de Rennes.

 

En savoir un peu plus sur Charlotte ? http://charlottecaron.fr/

 

 

 

 

UNE HISTOIRE

Au départ il y a eu la BD, une passion d’enfant qui a vite été rattrapée par la réalité : faire de la BD cela demande d’être extrêmement carré et soigneux. Très peu pour Charlotte. Parce qu’elle n’est pas une grande fan du système scolaire classique et qu’elle est à l’écoute de son instinct de bricoleuse (depuis toujours elle a déjà envie de mixer plein de choses et de faire des expérimentations), elle intègre Boule en Arts Appliqués dès le lycée. Puis ça sera les Beaux Arts de Rennes.

 

 

 

 

Ce qui nous frappe quand on observe le travail de Charlotte, c’est sa capacité, au fil des oeuvres, à mixer les mediums et à faire se rencontrer les techniques (photographie, broderie, sculpture, …) de façon tout aussi inattendue que signifiante… En creusant un peu plus, on se rend compte que les histoires stylistiques que raconte Charlotte sont toujours extrêmement nourries et documentées. En effet, au début de chaque projet, Charlotte se construit une base documentaire minutieuse (citations, images, textes, couleurs, textures…). Ce sera son point de départ. Le fil à partir duquel elle pourra digresser et dont elle saura se détacher pour mieux faire avancer des thématiques comme l’Anatomie, la Mythologie (son thème du moment), l’Hybridation ou la Mutation (ces dernières sont transversales à l’ensemble de son travail et font écho à son goût pour le mix de techniques et de matières).

 

 

 

À Paris ces derniers mois, Charlotte s’est imprégnée de la culture et des mythes européens. Elle a imaginé un Cabinet de Curiosités, une collection de Chimères néo-classiques composées de peaux d’animaux inattendus et de céramique blanche précieusement conservées dans des globes de verre.

 

 

 

Comme pour un nouveau voyage initiatique, dans quelques semaines, Charlotte s’envolera pour le Canada. De nouveau, la thématique de la Mythologie sera une excellente porte d’entrée pour avoir un autre regard sur les cultures Inuit et Amérindienne. Comme à Paris, elle imaginera alors des pièces inspirées par ses découvertes.

D’ETRANGES PEAUX D’ANIMAUX!

Charlotte utilise de nombreux outils différents. Ils varient en fonction de ses séries. En ce moment elle finalise sa série de Chimères, ainsi elle a une petite passion pour sa Dremel, un outil formidable qui lui permet de polir, lisser des formes… Elle est aussi entourée de nombreux matériaux un peu étranges que nécessitent la production de ces pièces : des plumes trouvées en forêt, des peaux de poulet, de saumon, de serpent d’eau douce…

 

 

 

QUELQUES ADRESSES OU ON PEUT CROISER CHARLOTTE

Charlotte vit entre le 20ème et le 11ème où elle a grandi. Après tant d’années passées là, elle a forcément quelques adresses fétiches :

 

+ Le Nun’s (112 Rue Saint-Maur, 75011 Paris) et le Chat Noir (76 Rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris) où les pintes ont la bonne idée d’être à 3 euros.

 

+ Cô My Cantine (137 rue de Ménilmontant, 75020 Paris), un petit resto qui fait de super bobun et bols de riz.

 

+ La bibliothèque du Musée Pompidou, une des plus riches de Paris.

 

 

L’ATELIER ET LES FLAMANDS ROSES DE CHARLOTTE

Charlotte a aménagé son atelier dans son appartement en transformant le salon. Ici, les espaces de vie et de travail se rencontrent, c’est un bazar organisé très agréable à regarder et à vivre. Les meubles récupérés ça et là, les outils et les pièces de Charlotte se mélangent avec les flamands roses et les souvenirs de voyages. Un espace accueillant et polymorphe qui se termine par une petite terrasse « Beach Club » (avec une notion évidemment toute parisienne de la plage : quelques canisses et un palmito feront parfaitement l’affaire!). Charlotte adore les objets singuliers. Petit florilège : Gérard le Flamand Rose, offert par des amis, il cohabite avec un autre flamand rose, Cynthia, qui a élu domicile sur la terrasse de l’appartement. Un masque d’Indonésie, ramené par l’amie avec qui Charlotte devait faire le voyage. Charlotte n’est jamais partie, elle s’est cassé le pied quelques jours avant le départ. Un crocodile taxidermisé, cadeau de crémaillère qui n’a malheureusement plus de prénom à l’heure qu’il est.

 

 

DES INSPIRATIONS

Une citation ? (cela ne sera pas une mais 2 citations!)

 

« Il y a deux catégories de personnes, ceux qui voyagent et ceux qui ne voyagent pas » de Claude Levi-Strauss.

 

« Il ne faut pas tortiller du cul pour chier droit », de la grand-mère de Charlotte.

 

Une couleur ? Bleu Prusse.

 

Une matière ? Le cuir, les plumes et la laine.

 

Une ville ? Rome ou Hanoi.

 

Un artiste ? Mark Rothko

 

Une musique ? « Anne-Sophie » de Mustang.

 

Un sentiment ? De l’enthousiasme teinté d’appréhension.

 

Une saison ? Le printemps.

 

Un moment de la journée ? L’apéro.

 

Une époque ? Maintenant mais en mieux : le confort contemporain mais avec la mode des années 30 et un autre état d’esprit.

 

Un objet ? Son carnet de notes et un stylo.

 

Un plat ? Des toasts de fromage, tomates et jambon.

 

Une personne à nous recommander pour « subir » la même interview ? Solène le Bon Couturier et Ines de Chefdebien.